Un acteur disparaît du tableau des pools Bitcoin, mais sa puissance de calcul ne s’évapore pas. SBI Crypto a arrêté d’accepter les « shares » de minage le 31 juillet à 07:00 au Japon, soit le 30 juillet à 22:00 UTC. Au 30 juin, le pool affichait une moyenne de 20,9 exahashes par seconde sur sept jours, environ 2,2 % du réseau selon les données Hashrate Index reprises par Blockspace. Cette fermeture effective impose aux mineurs clients de rediriger leurs machines et ouvre une bataille discrète pour récupérer leur puissance.
L’événement compte parce qu’un pool coordonne le travail, construit les blocs candidats et répartit les récompenses. Il ne possède pas forcément les machines qui lui envoient du calcul. Une migration bien préparée peut donc laisser le hashrate total presque intact tout en modifiant qui sélectionne les transactions et qui encaisse les frais. Analyse arrêtée au 1 août 2026 à 09:07 (Paris) : la page d’annonces de SBI est alors vide, le motif de la fermeture n’est toujours pas public et la destination finale des mineurs reste inconnue.
Les courbes derrière l’analyse
Prix, volumes et structure de marché à examiner dans le contexte de l’article — jamais comme un signal d’achat.
Bitcoin face au dollar stable
Le prix du BTC en USDT contextualise les revenus des mineurs sans expliquer à lui seul la fermeture de SBI.
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Dominance de Bitcoin
La part de Bitcoin dans la capitalisation crypto aide à distinguer un événement minier d’une rotation générale vers les altcoins.
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Les cryptoactifs sont très volatils. Ces graphiques et cette analyse sont informatifs, ne constituent pas un conseil financier et ne garantissent aucun résultat.
SBI coupe le coordinateur, pas le réseau
SBI avait ouvert son pool au public en 2021, après plusieurs années de minage pour compte propre. Son communiqué d’origine indiquait 1,1 EH/s de puissance maison et une onzième place mondiale. Cinq ans plus tard, l’avis de fermeture demandait aux clients de rester connectés jusqu’à la coupure afin que toutes leurs contributions éligibles entrent dans le paiement final. Les shares soumises après l’heure limite ne devaient plus être acceptées.
La nuance technique est décisive. Un share prouve qu’une machine a fourni une fraction du travail demandé, même si elle n’a pas trouvé le hash qui valide un bloc. Le pool additionne ces preuves pour calculer la rémunération de chacun. Changer de pool revient donc à changer de comptable et de chef d’orchestre, pas nécessairement de centrale électrique. Une brève interruption, une mauvaise adresse ou un calendrier de paiement mal compris peuvent toutefois réduire les revenus du mineur pendant la bascule.
SBI a cité Luxor, Braiins et NeoPool comme solutions de référence tout en précisant ne pas en recommander une. CoinDesk évalue de son côté la part du pool à « environ 2 % », sans chiffre contemporain fourni par SBI. Crypto Briefing donne une estimation plus basse, 15 EH/s et 1,3 %, mais la rattache explicitement à la fin de 2025 : les périodes ne sont donc pas comparables. Le hashrate étant estimé à partir des blocs trouvés, il faut traiter 20,9 EH/s et 2,2 % comme une photographie du 30 juin, pas comme le volume exact ayant migré le soir de la coupure.
Chronologie express
Le pool s’ouvre au public
SBI annonce 1,1 EH/s de puissance propre pour stabiliser un service alors classé onzième.
Une migration est annoncée
SBI fixe la coupure et cite Luxor, Braiins et NeoPool comme options de référence, sans les recommander.
Les shares cessent
À 07:00 au Japon, le pool arrête d’accepter les preuves de travail servant au calcul des paiements.
La redistribution peut renforcer les plus gros pools
Pour Bitcoin, le scénario central est une redistribution rapide. Les exploitants professionnels conservent leurs machines, remplacent les paramètres de connexion et rejoignent un ou plusieurs pools. Le taux de hachage agrégé peut osciller sans baisse durable, tandis que les temps de bloc restent irréguliers comme toujours à court terme. La difficulté, ajustée tous les 2 016 blocs, ne réagit que si une part du calcul quitte réellement le réseau assez longtemps.
Les gagnants potentiels sont les pools capables d’offrir une connexion stable, des paiements prévisibles, des frais compétitifs et des outils adaptés aux industriels. Les clients les mieux préparés peuvent aussi répartir leur hashrate entre plusieurs opérateurs pour réduire le risque d’arrêt. Les perdants sont d’abord SBI, qui abandonne une ligne de service, puis les mineurs mal migrés ou exposés à un solde final tardif. Le calendrier des paiements, de l’API et de l’accès au portail devait encore être communiqué séparément lors de l’annonce.
Le risque collectif apparaît si la puissance rejoint surtout les leaders. Un pool important ne possède pas les bitcoins de ses clients, mais il choisit les modèles de blocs qu’ils tentent de résoudre. Une concentration accrue peut faciliter la censure temporaire de transactions ou rendre certaines politiques de sélection dominantes. Elle ne donne pas automatiquement le contrôle de Bitcoin : les mineurs peuvent repartir, les nœuds vérifient les règles et 2,2 % reste très loin d’une majorité. La fermeture est donc un test de structure, pas la preuve d’une attaque.
Le prix du bitcoin raconte une autre histoire
Le premier graphique suit Bitcoin, car le revenu des mineurs dépend directement du prix du BTC, de la récompense de bloc et des frais. CoinDesk situait le bitcoin autour de 63 017 dollars lors de l’ouverture de sa page le 1er août. Cette cotation est un instantané en dollars, pas une cause démontrée de la fermeture. CoinDesk évoque des marges sous pression et des coûts opérationnels élevés, mais SBI n’a donné aucune explication ; relier avec certitude la décision au prix serait donc une hypothèse abusive.
Le second graphique montre la dominance de Bitcoin. Il apporte un contexte plus utile qu’une autre courbe de prix : si la migration se déroule sans choc, l’événement doit rester un sujet interne au minage plutôt qu’un moteur de rotation vers les altcoins. Une dominance qui bouge simultanément ne prouverait aucun lien causal. Les flux ETF, les taux, le dollar et l’appétit global pour le risque ont une influence beaucoup plus directe sur la répartition des capitalisations.
Pour invalider le scénario central, il faudrait observer une baisse durable du hashrate total, des blocs nettement plus lents sur une période significative ou des incidents de paiement documentés. À l’inverse, une réapparition rapide des 20,9 EH/s estimés chez plusieurs opérateurs confirmerait une transition ordonnée. Les données de pool sont probabilistes : quelques blocs chanceux peuvent gonfler une part apparente, d’où l’importance de comparer des moyennes cohérentes plutôt qu’une seule journée.
Trois trajectoires après la dernière share
Scénario central : la majorité des clients migre en quelques heures ou jours, le hashrate du réseau reste proche de sa tendance et seul le classement des pools change. Scénario haussier pour la robustesse, sans promesse sur le prix : la puissance se répartit entre plusieurs opérateurs, les paiements finaux arrivent sans litige et les mineurs utilisent davantage le basculement automatique. La fermeture aurait alors servi de test grandeur nature à la portabilité du calcul.
Scénario baissier : une partie des machines reste hors ligne, les soldes tardent ou la plupart des 20,9 EH/s rejoint un leader déjà dominant. Les revenus des mineurs concernés et la diversité des constructeurs de blocs se dégraderaient temporairement. La page d’annonces actuellement vide et l’absence de motif renforcent le besoin de données postérieures, mais ne suffisent pas à conclure à un problème financier ou de sécurité.
Les prochains points de contrôle sont concrets : évolution du hashrate sur sept jours, parts des pools destinataires, rythme des blocs et communication de SBI sur les paiements finaux. Le marché du BTC peut réagir à bien d’autres nouvelles pendant ce suivi ; une concomitance ne démontrera pas une causalité. Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil financier, ni un ordre d’achat ou de vente.
Sources
- SBI Group — communiqué primaire d’ouverture du pool en 2021
- SBI Crypto — page officielle des annonces, vide au 1er août
- Blockspace — heure de coupure, 20,9 EH/s et 2,2 % sur sept jours
- CoinDesk — fermeture du pool et contexte des marges minières
- Crypto Briefing — conversion de la coupure en UTC et estimation alternative
- TradingView — visualisation du marché BTC/USDT sur Binance





